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Texte de présentation de l'expo "Sur le Vif /natures mortes" par Ercole Pasini
SUR LE VIF...
Fin du XIX° s. l'actualité scientifique est portée à la connaissance du public. Des magazines de vulgarisation comme l'Illustration, la Nature, la Science Illustrée en présentent périodiquement les progrès et les héros. Leurs pages juxtaposent les comptes rendus, les feuilletons, les inventions. Une science récréative voit le jour sous la plume de Tom Tit (Arthur Good) Sa "Science Amusante" , d'abord simple rubrique de l'Illustration devient dès 1890 un ouvrage en trois tomes qui connaît un succès international. Un lectorat éclairé se forme, on s'informe avec avidité de l'état du monde: géographie, médecine, astronomie, physique, armement, curiosités…La photographie, conquête encore récente, y est expliquée avec un soin méticuleux. A partir de 1891 Frédéric Dillaye publie chaque semaine dans la Science Illustrée son traité sur L'Art en Photographie. On s'instruit, on rêve et des applications suivent aussi, chez soi, avec des moyens souvent modestes. Bien loin de la capitale, Arthur Batut, puise dans ces revues son savoir comme son enthousiasme. Il met les mots en pratique et convoque la magie des formules autour des matériaux disponibles: carton, gutta-percha, tissu enduit, bois, verre et caoutchouc. Les principes acquis, voilà qu'il les dépasse: mise au point du Portrait Type en 1886 puis l'incroyable audace de la photographie aérienne en cerf volant dès 1888. Comme de précieuses contributions, ses images, à leur tour, seront gravées par Poyet et publiées dans La Nature en mars 1889. Les publications scientifiques de vulgarisation ont constitué, en leur temps, une source d'inspiration puissante pour les inventeurs comme pour les artistes modernistes. Un siècle plus tard, leur lecture trahit l'état d'une science largement dépassée. Un autre âge, un vieux monde. Pourtant, le souffle merveilleux qui filtrait de ces lignes n'a, lui, pas faibli: les phénomènes décrits, renforcés par la simplicité des dispositifs qui les provoquaient, semblent avoir acquis une lumineuse évidence. Lecteur fervent de ces ouvrages de pure poésie, Gilles Boudot en vérifie aujourd'hui la magie et reconstruit, dans ses photographies, le théâtre improbable d'un temps des origines. A travers le jeu rigoureusement ordonnancé de ses natures mortes, un phénomène de la nature est là, saisi sur le vif , éternel et fantasque.
Ercole Pasini , janvier 2005 |
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